Les rubriques suivantes regroupent diverses informations relatives à mon travail photographique.
Cliquez sur celles qui vous intéressent pour faire apparaître leur contenu...
[2009] : Exposition personnelle sur le thème de la marche à la librairie La Boite à Lettres (Asnières) du 5 au 24 octobre 2009 (cf.
).
[2009] : Lauréat du Prix du jury ILFORD 2009.
[2009] : Exposition personnelle (30 photos) à la galerie Daguerre (Paris XIV) du 1er au 30 avril 2009 (cf.
).
[2008] : Classé 1er auteur au concours National I N&B de la Fédération Nationale de Photographie.
[2008] : Classé 2ie auteur ex-aequo au concours National II couleur papier de la Fédération Nationale de Photographie.
[2007] : Exposition collective dans le cadre du festival photographique Photo Divers à Levallois-Perret (cf.
et
).
[2006] : Lauréat du 2ie concours « Jeunes Talents » avec exposition au centre Daviel, Paris XIII (cf.
).
Les principales photos que j'ai présentées à ces expositions sont visibles dans la rubrique
Portfolio > Archives
.
Les images que je cherche à réaliser représentent généralement des lieux urbains, ou du moins comportant des traces de réalisations humaines. Dans ces scènes, les personnages sont souvent inexistants, ou réduits à de lointaines silhouettes perdues dans un environnement très structuré : la géométrie des lieux, l'ordonnancement des objets, la mise en évidence de lignes ou de courbes sont autant de raisons de déclencher, en y intégrant le cas échéant un élément humain, comme une ponctuation destinée à compléter la composition.
Une fois la prise de vue réalisée, je m'efforce généralement de renforcer ensuite ces éléments structurants par un travail sur la lumière en post-production.
La découverte des photos de Michael Kenna a eu un effet spectaculaire sur mon intérêt pour la photographie (cf. mon auto-portrait ci-dessus : « Un tour sur moi-même »). C'est donc tout naturellement que je m'intéresse aussi aux vues réalisées en pause longue. Appliquées à certains sujets, et grâce à la capacité de la photographie à agréger une succession d'instants, la matière qui en résulte révèle des paysages invisibles à nos yeux sinon.
S'il y a un photographe qui m'a vraiment fait aimer la photographie à travers ses oeuvres, c'est bien Michael Kenna :
ses photographies, d'une sublime simplicité que seule le noir et blanc associé au format carré peut restituer, me servent invariablement de référence.
De nombreux photographes de talent ont visiblement été influencés par le maître, et réalisent dans sa veine des images épurées et minimalistes en pause longue. Pour n'en citer que quelques-uns : Rolfe Horn (ancien assistant de Kenna), Michael Levin, David Fokos, et les français Gérard Laurenceau, Denis Olivier et Michel Rajkovic.
Dans un autre registre, celui de l'architecture, des compositions urbaines voire de l'abstraction géométrique, mes références sont essentiellement Lucien Hervé (lien Wikipédia) et Franck Follet.
Je suis également très sensible à la « photographie d'errance », et particulièrement au travail deJosef Koudelka. Un de mes livres favoris en photographie est « Chaos », qui présente une vision à la fois esthétique et inquiétante de constructions humaines devenues totalement déshumanisées, malgré l'apparition sporadique de marginaux.
En-dehors de ces trois grandes « catégories », une myriade de photographes très différents m'ont également séduit :Roger Ballen et ses portraits ambigus restituant un univers oppressant; Pascal Pronnier pour ses images poétiques (cf. la rubrique "travail personnel" de son site); Edward Burtynsky et ses paysages industriels enregistrés à la chambre, dans lesquels de minuscules humains semblent définitivement dissous;
Desiree Dolron
et ses portraits (la série « Xteriors ») qui rappellent la peinture hollandaise...
Voilà pour les premiers noms qui me viennent à l'esprit... Evidemment, la liste est beaucoup plus longue (je n'ai qu'à regarder la liste de mes bookmarks !) mais cette page n'a pas pour vocation de devenir un annuaire photographique !
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Photo de Guillaume Lancestre (merci à lui) |
Les deux mains et l'œil représentés ci-contre constituent l'essentiel des éléments de l'entité désignée par la suite comme « l'auteur », et qui ont permis à la susnommée entité la réalisation des photographies présentes sur ce site (à l'exception, justement, de celle de l'auteur à gauche, vu qu'il était occupé à se donner de grands airs).
Bon... revenons à une présentation (un peu) plus conventionnelle... encore que...
Longtemps préposé aux photos de vacances dans ma famille, j'ai finalement poussé les portes d'un photo-club avec un enthousiasme pour le moins retenu (il s'agissait surtout pour moi d'accompagner celle qui allait devenir ma femme...). Mes débuts dans la chambre noire m'ont alors confirmé qu'en dépit de mon assiduité, j'étais plutôt à classer dans la catégorie des intellectuels rêveurs, dans le sens où l'habileté de mes mains pour les masquages sous l'agrandisseur était bien en deçà de ce que mon imagination espérait !
Ces premières tentatives peu concluantes m'ont néanmoins permis de découvrir la magie de la chambre noire (je sais, l'expression est un peu éculée, et souvent utilisée pour s'illustrer en ces temps de mégapixels... mais celui qui vu la "révélation" de sa photo dans le premier bain [de révélateur, justement] après l'agrandisseur comprendra cette émotion particulière).
Par ailleurs, une autre « révélation », moins chimique celle-là, s'est produite en découvrant la reproduction d'une photo de Michael Kenna (Wind swept beach, Calais, France, 1999) au fond d'un vague restaurant écossais : ce fut le coup de foudre, et l'étonnement de constater à quel point la photographie permet de transformer le banal, l'usuel en un tableau inédit voire abstrait par le regard du photographe, mais surtout son interprétation. Bref, je réalisais que la photo ne se réduisait pas à un art documentaire, et que la beauté de l'image tenait finalement pour peu à son sujet [j'imagine à ce stade le sourire du lecteur un peu averti : mais que penserait-il s'il ne connaissait, comme moi à l'époque, que les « classiques » Doisneau, Capa et Ronis ? ] ; la prise de vue, qui jusqu'alors me semblait la finalité de la photographie, devenait subitement son point de départ. Une phrase d'Ansel Adams résume parfaitement cette idée : « Le négatif est comparable à une partition de musique, et le tirage à son interprétation . Tout est dit !
Pour diverses raisons, je me suis éloigné de la photo et de mon club pendant un an (certaines mauvaises langues diront que c'est parce que j'étais finalement parvenu à épouser celle qui m'avais incité à m'y inscrire...). Cela m'a en tout cas permis de me rendre compte qu'il me manquait quelque-chose, et que ce qui n'était qu'un passe-temps banal s'était transformé en une véritable passion. Ceci constitue évidemment le deuxième lieu-commun de cette page, mais celui qui ne passe pas une journée sans consacrer un minimum de son « temps de cerveau disponible » à la photo me comprendra... J'ai donc fêté à la fois ma passion, mon retour en photo-club et mes 30 ans avec l'achat d'un rutilant réflex numérique (un Nikon D70); par conséquent, j'ai également remplacé les soirées sous l'éclairage inactinique par de longues recherches nocturnes, à la lumière d'un écran d'ordinateur, sur des forums techniques décrivant les subtilités de Photoshop, du développement de fichiers RAW, et autres raffinements liées à la gestion des espaces colorimétriques.
Deux ans de photo numérique m'ont permis de multiplier les expériences, d'apprendre plus rapidement ce que « voit » l'appareil photographique (grâce à la visualisation immédiate de l'image et de l'histogramme), et ainsi de mieux anticiper quel pourrait être le résultat. Parallèlement aux activités en club, je fréquentais régulièrement sur Internet des sites de photographes, de galeries, et des réseaux communautaires tels que feu SansPretention.org; cette période de boulimie m'a permis de découvrir de nouveaux styles photographiques tout en cernant mieux ceux qui me touchent le plus, et parfois, de comprendre quels sont les éléments qui me rendent sensibles à telle ou telle photo.
J'ai ainsi pu mieux cerner quels sont mes sujets de prédilection (photo urbaine, architecture, paysages essentiellement), les focales qui conviennent le mieux à ma vision (mon royaume pour un 35mm !), et peaufiner ma façon de restituer les scènes (cette fameuse interprétation...).
Mais de cet apprentissage a aussi résulté plusieurs sources de frustration :
Pour ces raisons, et afin de me placer en-dehors de la course technologique qui rend le moindre joujou numérique obsolète en quelques mois, j'ai finalement craqué en janvier 2007 pour du matériel "périmé de longue date"... Un vénérable Mamiya C330 a détrôné mon réflex numérique (ah, le charme de l'ancien...), et me permet enfin de cadrer en carré et de retrouver la matière du film argentique.
Mais le gain principal, que je n'avais pas imaginé, est sans conteste la lenteur qu'impose le maniement d'un appareil entièrement manuel et dépourvu de mesure de la lumière : le temps nécessaire à la prise de vue (jamais moins d'une minute le temps de cadrer, faire le point, mesurer la lumière avec une cellule à main, choisir le couple vitesse/diaph le mieux adapté, le reporter sur les bagues de l'objectif, ré-ajuster la composition une dernière fois... et finalement constater qu'un curieux, intrigué par l'antiquité, est « rentré dans le champ » pour vous observer !) oblige à se questionner longuement sur l'adéquation des choix de cadrage, de paramètres de prise de vue, et finalement sur l'intérêt de l'image qu'on pré-visualise; ces interrogations sont d'autant plus prégnantes que le nombre de vues est très limité sur un film (12 vues 6x6 sur un film 120)... et que le photographe est flemmard (ce qui dans ce cas est plutôt une qualité).
Une fois le film développé, l'image finale est obtenue en transposant les idées et gestes issus de la chambre noire à la « chambre numérique ». Celle-ci me permet de travailler selon un rythme bien plus lent que la méthode traditionnelle, et propice à faire émerger l'image voulue ; cette lenteur que permet le numérique, souvent paradoxale, complète parfaitement celle que je recherche à la prise de vue, comme je l'ai décrit ici. Enfin, ce post-traitement me permet également de traiter la couleur comme le noir et blanc, de reproduire fidèlement le rendu qui me convient, et finalement de pousser plus loin son interprétation.
Pour reprendre la phrase d'Ansel Adams, le négatif est toujours une partition; certains instruments de musique se sont simplement modernisés...
Olivier Despouys